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L’hospitalisation ambulatoire a encore un bel avenir devant lui

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Interview: Pierre Luysmans – Philip Monnens – Barbara Lommers (UZ Leuven)

 
Depuis plus d’une décennie, l’UZ Leuven donne le ton en matière d’hospitalisation ambulatoire. Au début, l’ensemble de cette philosophie était révolutionnaire et elle a été suivie un peu partout. Aujourd’hui, le centre de jour chirurgical de Louvain est déjà un peu à la traîne en ce qui concerne l’infrastructure moderne de l’hôpital de jour. Nous nous sommes entretenus avec Pierre Luysmans, un des pionniers de l’hospitalisation ambulatoire à l’UZ Leuven, Philip Monnens, chef du service planning des admissions, et Barbara Lommers, collaboratrice au service qualité et sécurité du patient.
Vers le changement de millénaire, plusieurs hôpitaux ont été confrontés à des problèmes financiers en raison du séjour prolongé d’un grand nombre de patients. A Louvain aussi, on s’est alors concrètement penché sur la demande de la direction de pratiquer davantage d’hospitalisations de jour. “Avec les professeurs Vandermeersch et Bogaert notamment, nous nous sommes rendus en 2000 à San Francisco pour y visiter quelques hôpitaux qui pratiquaient essentiellement l’hospitalisation de jour. Aux Etats-Unis, cela faisait belle lurette que c’était devenu trop cher de séjourner longtemps à l’hôpital. Nous avons ensuite élaboré un système sur base d’un flux de patients conséquent. Dans une structure hospitalière classique, un patient doit en effet attendre trop et trop longtemps. L’idée de base était de traiter le patient par paliers, de sorte qu’il se sente pris dans un flux. Celui-ci commence une heure avant son rendez-vous dans une salle d’attente, où il est installé avec sa famille dans un cadre agréable : pas de tabliers blancs, mais du tapis plein chaud au sol et du papier peint aux murs, comme chez soi. Un infirmier vient alors s’occuper du patient, tandis que la famille peut accompagner dans la salle de préparation. Ce qui était franchement révolutionnaire à l’époque, c’est que le patient entrait à pied dans la salle d’opération au lieu d’y être conduit dans un lit par le personnel infirmier. Cela fait une grande différence pour le patient. Après l’intervention aussi, nous donnons toujours au patient le sentiment qu’il peut rentrer chez lui tout à l’heure”, raconte Pierre Luysmans, manager infirmier de la zone de soins des services critiques.
“Le nombre d’admissions en ambulatoire ne cesse d’augmenter parce que la pensée et les connaissances médicales évoluent constamment. Un exemple: avant, on prescrivait de rester couché au moins 24 heures lors d’une ponction de moelle osseuse. A présent, on peut rentrer chez soi après seulement 4 à 8 heures d’alitement”, ajoute Philip Monnens.
 

Service sur mesure

“Le grand avantage d’une hospitalisation ambulatoire pour le patient, c’est que l’ensemble du programme de soins est centré sur sa personne. Il reçoit pour ainsi dire un service sur mesure. La qualité et le confort augmentent ainsi sensiblement. Etre couché au lit ou assis dans un fauteuil fait bel et bien une différence. Etre assis dans un relax est bénéfique pour rester en mouvement et peut même prévenir des complications”, explique Barbara Lommers.
Pierre Luysmans: “Comment traiter un maximum de patients de la manière la plus optimale possible en un minimum de temps? Telle était en permanence notre préoccupation. Nous demandons ainsi aux chirurgiens de travailler rapidement, de sorte que les interventions soient également plus courtes. La durée de l’anesthésie aussi est à présent adaptée à l’intervention, en gardant toujours cette même idée à l’esprit : le patient doit rentrer chez lui tout à l’heure. En matière de médication contre la douleur également, les choses ont énormément évolué. Quant à proposer des repas légers en salle d’éveil, c’était du jamais vu en hospitalisation de jour. Cela permet au patient de se sentir nettement mieux. Enfin, dans la phase postopératoire, la perfusion est limitée, la blouse d’opération tout de suite enlevée et le patient récupère ses propres vêtements en vue de son retour à la maison. Dans la chambre de récupération, il n’y a ni toilettes ni télévision, afin que le patient se remette très vite à bouger.”
“Ce que nous avons aussi appris aux Etats-Unis à l’époque, c’est de ne pas rendre les choses trop confortables pour le patient. Du genre : ne lui donnez pas un lit mais un brancard. Le patient doit avoir en permanence le sentiment que ce n’est que provisoire. Si une personne n’est pas vraiment malade, n’en faites pas un patient. Etre couché au lit avant une intervention signifie qu’il faille appeler un infirmier pour un service. S’il est assis dans un fauteuil, par contre, il peut se déplacer lui-même et se débrouiller…”
 

Construction circulaire

L’adaptation de l’infrastructure à ces nouvelles idées s’est déroulée en deux phases à l’UZ Leuven: d’un corridor isolé à un centre de jour chirurgical hypermoderne construit autour de huit salles d’opérations existantes en passant par une unité d’infirmerie classique.
“Depuis, Louvain a accueilli des visiteurs venus de toute la Belgique et de l’étranger. Nous avons construit le centre de jour chirurgical en forme de cercle, où le patient a le sentiment qu’il se trouve dans un flux. Les périodes d’attente sont désormais mieux distribuées et plus courtes. Ce qui est psychologiquement crucial pour le patient. Le personnel aussi est constamment occupé maintenant. C’est une approche toute différente des soins et nous avons consacré pas mal de temps à convaincre les infirmiers et les médecins de changer notre mode de travail. Nous veillons à ce que les choses avancent à un bon rythme : le patient est toujours préparé à rentrer chez lui le soir”, explique Pierre Luysmans. Les mesures gouvernementales encouragent le traitement en ambulatoire, si bien que les hôpitaux sont obligés d’adapter leur politique à la nouvelle législation. “C’était aussi le cas chez nous: en tant qu’hôpital, on a tout avantage à pratiquer majoritairement des hospitalisations ambulatoires. Moins de subventions publiques impliquent aussi une autre organisation. L’hospitalisation de jour ne nécessite pas non plus de service de nuit et donc, on y gagne. Les autorités ne nous accordent plus de jour d’alitement pour tel ou tel traitement ou opération”, poursuit Philip Monnens.
“Personne n’aime se faire opérer, mais de savoir qu’on pourra rentrer chez soi le même jour est rassurant. Plus vite on est à la maison dans son cadre habituel, plus vite on se rétablit. Et moins longtemps on séjourne à l’hôpital, moins grand aussi sera le risque de contracter une infection”, ajoute Barbara Lommers.
 

Alourdir le type d’interventions

L’hospitalisation ambulatoire a encore un bel avenir devant soi. “La prochaine étape doit consister en l’alourdissement des interventions. Nous sommes toujours un des seuls hôpitaux à effectuer une opération de la vésicule biliaire sans que le patient ne doive rester plus d’un jour à l’hôpital. Nous pouvons augmenter encore notre capacité grâce aux nouvelles techniques utilisées par les chirurgiens et aux techniques et produits d’anesthésie en évolution constante. Nous pourrons ainsi traiter davantage de personnes âgées en ambulatoire. Il y a aussi le déplacement de certaines interventions simples vers la chirurgie de cabinet. Je songe notamment à certaines interventions dentaires qui ne nécessitent pas de salle d’opération high-tech. On peut ainsi traiter davantage de patients encore et économiser des lits, ce qui est tout bénéfice pour les autorités. En hospitalisation de jour, un même lit peut être utilisé quotidiennement par deux à trois personnes. Une condition sine qua non pour la poursuite du développement des hôpitaux de jour est toutefois un meilleur encadrement des soins à domicile. Le patient rentre en effet plus vite chez lui et doit entièrement s’y rétablir…”, conclut Pierre Luysmans.
“En effet. Il y a une discussion sociétale à mener: ne vaudrait-il pas mieux investir davantage dans des infrastructures externes à l’hôpital, lesdits ‘hôtels de soins’? La poursuite du développement de la collaboration avec les médecins généralistes et les soins de première ligne cadrent parfaitement avec cette optique. Le secteur des soins est en mouvement perpétuel. Les projets que la ministre De Block a dans les cartons pour ne plus lier le financement des hôpitaux aux prestations entrent parfaitement dans cette logique”, conclut à son tour Philip Monnens.
 

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