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Mesurer la sécurité des soins au patient n'est pas une sinécure (2e partie)

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Tom De Gendt

Tom De Gendt


“En matière de responsabilité civile, ce sont aussi bien des personnes juridiques (hôpitaux) que des personnes physiques (professionnels des soins) qui peuvent endosser une responsabilité. C’est ainsi que des établissements ou des dirigeants peuvent être (co)responsables des dommages causés par une organisation défaillante dans un hôpital et/ou le service d’un hôpital. La plupart des incidents qui se produisent dans les hôpitaux ne sont en effet pas causés par l’inattention ou la négligence de quelqu’un, mais par le fait que le système dans lequel travaillent les professionnels du secteur des soins provoque pour ainsi dire des erreurs. Si les systèmes étaient conçus en tenant compte des capacités et des manquements des gens, cela augmenterait considérablement la sécurité. Cette approche s’appelle l’approche systémique. Les actes humains ne sont pas isolés, mais font toujours partie d’un système. Les gens continueront toujours à commettre des erreurs et idéalement, le système dans lequel ils travaillent devrait donc être conçu de manière à ce que ces erreurs ne puissent pas être commises ou à ce qu’elles n’entraînent pas de dommage. Cette approche systémique n’est pas neuve et constitue depuis longtemps le point de départ d’une démarche qui vise à rendre des processus complexes plus sûrs et plus efficaces au sein des entreprises: on pense notamment à l’aéronautique, aux chemins de fer, aux centrales nucléaires et électriques, etc.”

Des outils et des paramètres insuffisants

“Actuellement, il n’est pas simple de faire l’inventaire de la qualité des soins, et donc aussi de leur sécurité. Malgré les nombreuses initiatives encourageantes qui sont menées (accréditation, nouveau modèle de contrôle et indicateurs), nous ne disposons en effet pas (encore) d’outils et de paramètres suffisamment validés pour démontrer des progrès éventuels d’une manière objective et bien étayée. Il faut souligner à cet égard la grande importance de la terminologie et de la méthodologie pour permettre de pouvoir émettre des jugements corrects et fondés, dans une matière aussi complexe que la sécurité des patients. L’Europe encourage en tout cas les Etats membres à continuer à prendre des mesures et à entreprendre des actions pour améliorer la sécurité des patients. L’introduction de la responsabilité objective dans la législation belge offre désormais un bon cadre juridique, permettant de communiquer de manière ouverte et transparente sur les erreurs commises dans le secteur des soins. L’Université d’Hasselt étudie actuellement le développement, l’implémentation et l’évaluation d’indicateurs de qualité. Elle vérifie également si l’introduction de la responsabilité objective a une influence sur le comportement et la manière d’agir des professionnels du secteur des soins, et le cas échéant dans quelle mesure.”

Ne pas confondre faute et erreur !

“En raison du caractère spécifique et complexe de l’organisation des soins dans un hôpital, des particularités des patients, de la demande de soins et de l’énorme diversité de professionnels des soins, différentes sortes d’erreurs peuvent ou pourront se produire. Dans le domaine de la sécurité du patient, nous essayons donc sciemment de ne pas qualifier les erreurs de fautes, car ce terme est le plus souvent associé négativement à une responsabilité fautive et à une sanction. Il va de soi qu’en agissant ainsi, nous ne plaidons pas en faveur de la médiocrité. Il faut mettre en place une culture de la sécurité dans l’hôpital, qui s’efforce le plus possible d’éviter l’association pour ainsi dire automatique qui est faite entre l’erreur et la faute.”

Comment aboutir à des soins sûrs ?

“En gros, il existe deux courants permettant d’aboutir à des soins sûrs : l’inspiration ou la contrainte. Le premier courant part du postulat d’un professionnel des soins motivé, qui est stimulé par la connaissance et les compétences pour dispenser des soins sûrs et responsables. Le second courant s’oriente davantage sur la sanction des comportements inappropriés. Lorsque l’on investit dans une culture de la sécurité stimulante, les gens ont plus vite tendance à rapporter sans la moindre crainte d’éventuelles répercussions des erreurs constatées au sein du système. De cette manière, l’hôpital peut plus rapidement, en tant qu’organisation, apporter les corrections nécessaires sans devoir attendre un incident avec un dommage (important) pour le patient. Une telle culture accepte que des organisations et des professionnels puissent commettre des erreurs. L’ouverture et la transparence qui sont de mise font en sorte que les professionnels sont capables d’apprendre de leurs erreurs pour éviter leur répétition à l’avenir. L’introduction de la responsabilité objective crée désormais un bon cadre, qui rend possible l’ouverture et la transparence au sujet des erreurs, étant donné qu’un dédommagement du patient est possible sans qu’il faille obligatoirement démontrer une erreur.”

Soins sûrs et responsabilité collective

“Il ressort d’enquêtes scientifiques que l’évolution vers une telle culture d’absence de sanction nécessite un soutien ferme de la part de la direction de l’hôpital. Dispenser des soins sûrs relève d’une responsabilité collective, partagée par les professionnels des soins et la direction. Sans professionnels, pas de soins sûrs, et sans direction d’hôpital, pas de conditions annexes pour pouvoir dispenser des soins sûrs. Les soins incombent à des personnes, et là où des personnes travaillent, des erreurs sont commises. L’important, c’est le changement d’attitude de toutes les personnes concernées, dans la manière d’appréhender les erreurs et les incidents. A nouveau, l’ouverture et le fait de tirer les leçons de ses erreurs est essentiel”, concluent Tom De Gendt et Dominique Vandijck.

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